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Les MEP sur Aleteia

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Vous avez dit « Syro-Malabar » ? (1/3)

Le christianisme catholique ne se réduit pas à Rome et l'Asie n'a pas attendu la colonisation pour être christianisée... et ce dès le Ier siècle !

 

L’on sait habituellement, dans nos lointaines contrées françaises, que le christianisme catholique ne se réduit pas au catholicisme romain. On le sait, parce que l’on entend des noms que les persécutions au Moyen-Orient nous rendent chaque jour plus familiers, malheureusement : chaldéens, maronites, coptes… Dans ce mélange des genres, aux traditions bigarrées mais respirant du même souffle, on goûte à n’en pas douter la saveur de ce qui fait la « catholicité » d’une communauté qui se qualifie comme telle.

Une tradition remontant à saint Thomas

Et pourtant, il faut ajouter à ce tableau déjà séduisant des Églises du bassin méditerranéen et d’autres Églises encore ! Entre autres, une ignorance règne en effet la plupart du temps envers les Églises indiennes syro-malabare et syro-malankare, pourtant riches d’une tradition que l’on fait remonter à saint Thomas.

Vanité donc de celui qui associe avec une logique implacable expansion du christianisme et colonisation, ou encore christianisme et Occident : le christianisme indien qui naît au premier siècle après Jésus Christ, grâce à la venue de l’apôtre Thomas dans les terres de l’Orient, vient remettre de l’ordre dans une Histoire humaine que l’on apprend parfois, en France, de manière un peu trop politisée…

Les syro-malabars, ce sont plus de 4 millions de fidèles, la très grande majorité en Inde – et même plus précisément encore au Kerala, État du Sud de l’Inde. En deux mots, cette Église de rite syriaque oriental a suivi l’orthodoxie au moment du grand schisme (1054), avant d’être latinisée avec plus ou moins de douceur lors la colonisation portugaise de l’Inde dès le XVIe siècle. Le XXe siècle a inauguré par la suite – avec l’aval et les encouragements de la papauté – un retour aux sources, qu’elles soient liturgiques (rite syriaque oriental) ou spirituelles.

Un signe des temps plein d’espérance

En 1993, l’Église syro-malabare a été élevée au rang d’Église archiépiscopale majeure, débouchant en 2011 sur l’élection de l’archevêque majeur d’Ernakulam-Angamaly George Alencherry (nommé par ailleurs cardinal en 2012, signe et symbole de l’union des deux Églises syro-malabare et latine, la primauté allant à la seconde). Le cardinal Alencherry a d’ailleurs habité aux Missions étrangères lors de ses études à Paris, faisant de lui un fervent francophone.

L’Église syro-malabare représente une des 21 Églises chrétiennes catholiques présentes aujourd’hui dans le monde. Que l’Église d’aujourd’hui – bienfait de la mondialisation ? – prête une plus grande attention à ses traditions minoritaires est un signe des temps plein d’espérance.

« Syro-Malabar », vous avez dit ? Oui, il y a des choses à dire : affaire à suivre.

 

Thibault Autric

Les Chinois de Madagascar, poumon de la communauté catholique de l’île

Les milliers de ressortissants ayant fui la Chine de Mao avec leurs missionnaires des MEP sont en grande partie toujours catholiques.

 

Plus d’une personne sillonnant l’île rouge de Madagascar s’étonne de croiser, dans des proportions variables selon les régions, un nombre non négligeable de Chinois – le plus souvent chrétiens. La question qui émerge alors, chez la plupart d’entre eux, est : comment se fait-il que ce petit bout de terre, à quelques milliers de kilomètres des côtes asiatiques, ait ainsi une diaspora chinoise aussi importante ? La réponse réside dans le cocktail, malheureusement habituel, entre géopolitique et religion au cours du XXe siècle.

En effet, les quelques milliers de Chinois de Madagascar sont pour une grande part catholiques. L’événement qui explique in fine la présence étonnante de ces chrétiens chinois à Madagascar aujourd’hui, c’est principalement l’histoire mouvementée de la Chine au cours du troublé XXe siècle. Entre communisme maoïste et décolonisation, nombreux seront les Chinois chrétiens, comme les missionnaires, à quitter le pays des empereurs pour des espaces plus accueillants – de gré ou de force d’ailleurs, certains prêtres sont encore là pour en témoigner.

Longtemps passage obligé pour se rendre dans les terres orientales de la mission, un des fondateurs des Missions Étrangères de Paris (MEP), Mgr Pallu, y résida ainsi lui-même quelque temps, Madagascar a pourtant rapidement été délaissée en tant que point de passage au profit de l’île Maurice, voisine, supposée plus calme tant par ses habitants que par sa nature et son climat.

Chassés par les communistes chinois, les missionnaires des MEP trouvent refuge sur l’île malgache

Et pourtant, l’histoire chaotique de la Chine communiste de Mao va conduire au sortir de la Deuxième Guerre mondiale à une vague d’émigration chinoise vers Madagascar – en partie pour des raisons religieuses. Madagascar va alors devenir, pour cette petite communauté catholique chinoise en exil, un port d’attache et le lieu d’une reconstruction progressive et difficile dans une société malgache alors marquée par certains préjugés sociaux et raciaux. Nombreux seront aussi les missionnaires – MEP inclus – qui vont alors quitter sous pression la Chine révolutionnaire, et suivre ces chrétiens de Chine qui leur étaient confiés jusqu’à Madagascar – l’île devenant pour un certain nombre d’entre eux un moyen de continuer à exercer leur vocation apostolique au service de l’Église.

C’est ainsi, par exemple, que le premier prêtre MEP à venir s’installer à Madagascar en 1953 – le père Henri Cotto (1908-1988), administrateur du diocèse de Pakhoi, sur la côte sud de la Chine, d’où il sera expulsé en 1952 – s’occupera en priorité et à la demande de l’Église locale de l’importante communauté chinoise immigrée. Les quelque 10 000 Chinois de l’île parlant le cantonais vont alors devenir son troupeau : le pasteur a suivi ses brebis en somme.

Depuis cinquante ans, la mission à Madagascar auprès de ces Chinois s’est ainsi d’ailleurs concentrée sur deux plans : l’établissement d’un Centre catholique chinois, et l’exigence de sillonner l’île pour aller à la rencontre de ces chrétiens chinois répartis sur tout le territoire malgache (les fameuses « tournées de brousse »). Le rôle de ce centre a été énorme, surtout pour Tamatave et sa région, principalement dans le domaine éducatif, puisque dix ans après sa fondation, en 1963, le Centre catholique chinois était un lieu d’éducation impressionnant – la plus vaste école de la région – avec près de 360 élèves chinois. Cette école-pensionnat s’adressait à tous les enfants de Chinois, dont les parents avaient de petits commerces à travers toute la côte est et le centre de Madagascar. Un succès, indéniablement.

« L’Esprit souffle où il veut » (Jn 3, 8) et la mission s’adapte.

Thibault Autric
1 avril 2016

« Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette Terre »

Avant de débuter la Semaine Sainte, découvrez l'histoire de Saint Théophane Vénard, missionnaire au Vietnam, à la spiritualité téméraire et joyeuse.

 

Souhaitant devenir missionnaire dès sa plus tendre enfance, Théophane Vénard est envoyé, par les Missions étrangères de Paris, au Tonkin le 13 juillet 1854 à l’âge de 25 ans, alors que la persécution y sévissait depuis 20 ans. Arrêté sur dénonciation le 30 novembre 1860, il fut condamné à mort et décapité le 2 février 1861. Il marcha au supplice en chantant le Magnificat. Ses reliques furent ramenées du Tonkin à Paris et sont aujourd’hui rue du Bac, au séminaire des Missions étrangères de Paris, où il est depuis peu possible de se procurer une médaille à son effigie dans la librairie.

  • « Je me disais, à la vue des nouveaux prêtres, je serai un jour comme eux, un jour je serai soldat de Jésus-Christ et la bannière de l’Église deviendra ma bannière. »
  • « Chaque être, ici-bas, a une route qu’il doit suivre, un point de départ et un but. La mer s’agite, le ruisseau murmure, le fleuve coule, la fleur s’épanouit, l’animal broute, l’homme vit et marche à Dieu. […] Eh bien, moi, j’ai hâte de m’élancer au milieu de la société, j’ai hâte de servir mes frères. »
  • La perfection n’est pas plus dans un lieu que dans un autre; elle est dans la correspondance à la grâce de Dieu , là où Il nous veut. »
  • « Je sens que mon âme prend des forces en souffrant, qu’au milieu de ses blessures elle acquiert une nouvelle sève et un tempérament plus solide »
  • « Il n’y a que la souffrance qui puisse enfanter des âmes à Jésus »
  • « Je ne m’appuie pas sur mes propres forces, mais sur la force de celui qui a vaincu la puissance de l’enfer et du monde par la Croix »
  • « Il vaut mieux envisager la vie sous son beau côté et rendre autant que possible les impressions de son âme tranquilles et sereines. Il n’y a que peu d’utilité dans la tristesse, en sorte qu’au sein de l’abattement et du dégoût et de toute espèce de souffrances, il faut prendre son cœur à deux mains et lui faire crier malgré lui : Vive la joie quand même ! »
  • « Puisque la sentence se fait attendre, je veux vous adresser un nouvel adieu qui sera probablement le dernier. Les jours de ma prison s’écoulent paisiblement. Tous ceux qui m’entourent m’honorent, un bon nombre m’aiment. Depuis le grand mandarin jusqu’au dernier soldat, tous regrettent que la loi du royaume me condamne à mort. Je n’ai point eu à endurer de tortures, comme beaucoup de mes frères. Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir. Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lys virginal, autre l’humble violette. tâchons tous de plaire, selon le parfum ou l’éclat qui nous sont donnés, au souverain Seigneur et Maître. »

À l’instar du saint missionnaire, Sainte Thérèse de Lisieux développe le même genre de métaphore pour aborder la question de la destinée de chaque être humain : « Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences […] Jésus a daigné m’instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j’ai compris que toutes les fleurs qu’il a créées sont belles, que l’éclat de la rose et la blancheur du lys n’enlèvent pas le parfum de la petite violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette… J’ai compris que si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes. » Il existe de grandes similitudes entre la spiritualité de Théophane Vénard et celle de Thérèse de Lisieux : « Ce sont mes pensées, mon âme ressemble à la sienne », s’écrie la petite Thérèse à la lecture de ses écrits.

Le procès de béatification de Théophane Vénard s’ouvre peu après sa mort, il est béatifié en 1909, puis canonisé en 1988 par Jean Paul II.

Arthur Herlin
17 mars 2016

 

Voir aussi la dévotion à St Théophane Vénard aujourd’hui au Vietnam (reportage vidéo).

 Le sens de la mission : annoncer le Christ et non une simple culture


Il est monnaie courante, de nos jours comme depuis un siècle, d’entendre des discours faisant du missionnaire la pilule permettant de faire digérer aux peuples étrangers le colonialisme occidental.

 

Il est devenu monnaie courante de percevoir le missionnaire comme emporté dans la valise du colonisateur – finalement en une sorte de lecture marxiste faisant du colonisateur l’infrastructure (économique) et du missionnaire la superstructure (idéologique) de l’impérialisme occidental.

Faites cette expérience avec vos avis, vous verrez. Il reste en France ce zeste d’anticléricalisme qui assimile dans un même élan celui qui va annoncer le Christ et celui qui va faire des découvertes, ou du profit, ou d’autres choses encore. Et ce d’ailleurs bien que les historiens soient fort nuancés sur la question.

Le Christ a voulu dompter le monde non par le fer mais par le bois

À cela, quelques lignes de la « règle » des Missions étrangères de Paris – les Monita ad Missionarios, datant de 1665 – suffisent à répondre avec la plus grande clarté. L’esprit missionnaire n’est pas un esprit de soumission : il est l’esprit exprimant la joie de ceux voulant annoncer la Joie.

Aucune violence ne doit être employée pour propager l’Évangile du Christ.

Nous ne voulons pas nous prononcer ici sur ce qui s’est passé aux Indes. Des officiers publics et de simples particuliers y ont fait usage de violence pour introduire la foi et ont même eu recours aux armes. Nous ne voulons pas non plus discuter l’opinion de certains docteurs qui enseignent qu’il est parfois permis d’obliger les sujets infidèles à écouter l’évangile, et de briser tout obstacle ou tentative des ennemis jurés du nom du Christ. Mais ces moyens de propager la religion chrétienne chez les infidèles ne sont pas conformes à l’esprit de la Sacrée Congrégation de la Propagande, et ils nous sont strictement défendus. Afin donc d’éviter à nos missionnaires tout abus de ce genre, fût- ce même pour leur défense personnelle ou la sauvegarde de leur Église, il est raisonnable de montrer combien pareille violence jure avec la conduite de Notre Seigneur et des Apôtres, lors de l’établissement du Royaume de l’Évangile.

Eh bien, le Christ a voulu dompter le monde non par le fer, mais par le bois. Il envoya ses Apôtres comme des brebis au milieu des loups (…).

Que le missionnaire apostolique se surveille donc. Il ne faut pas que s’échappent de sa bouche telles paroles que bien des missionnaires n’ont pas honte de proférer ; d’après eux il ne faut plus rien attendre des clefs de S. Pierre pour la conversion des infidèles, si le glaive de saint Paul n’ouvre le chemin (…).

Dans toute guerre, il se comportera avec prudence, sans que ses paroles ni ses actes puissent prêter occasion au soupçon de favoriser l’un ou l’autre des deux parties en présence (Chapitre III, article 3).

Sans doute l’Histoire a-t-elle eu ses excès et ses perversités, à n’en pas douter. Il reste néanmoins que si c’est bien le message ci-dessus qui a fait partir des milliers de jeunes prêtres pour l’Asie depuis plus de trois siècles, on peut se rassurer et se dire que « l’Esprit souffle où il veut » : la folie des hommes n’épuise pas la sagesse de Dieu.

Laissons la parole aux Monita pour conclure – et bien des ONG pourraient s’en inspirer :

Ne mettez aucun zèle, n’avancez aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs, à moins qu’elles ne soient évidemment contraires à la religion et à la morale. Quoi de plus absurde que de transporter chez les Chinois la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? N’introduisez pas chez eux nos pays, mais la foi, cette foi qui ne repousse ni ne blesse les rites ni les usages d’aucun peuple, pourvu qu’ils ne soient pas détestables, mais bien au contraire veut qu’on les garde et les protège. (…)

Il est pour ainsi dire inscrit dans la nature de tous les hommes d’estimer, d’aimer, de mettre au-dessus de tout au monde les traditions de leur pays et ce pays lui-même. Aussi n’y a-t-il pas de plus puissante cause d’éloignement et de haine que d’apporter des changements aux coutumes propres à une nation, principalement à celles qui y ont été pratiquées aussi loin que remontent les souvenirs anciens. Que serait-ce si, les ayant abrogées, vous cherchiez à mettre à la place les mœurs de votre pays, introduites du dehors ? Ne mettez donc jamais en parallèle les usages de ces peuples avec ceux de l’Europe ; bien au contraire, empressez-vous de vous y habituer. (…)

Admirez et louez ce qui mérite la louange. Pour ce qui ne la mérite pas, s’il convient de ne pas le vanter à son de trompe comme le font les flatteurs, vous aurez la prudence de ne pas porter de jugement, ou en tout cas de ne rien condamner étourdiment ou avec excès.

 

Thibault Autric
7 mars 2016

Les péripéties d’un jeune missionnaire Français en Asie

"les voies du Seigneur qui mènent au pays du Matin Calme, dans les terres du Royaume ermite, sont impénétrables".

1777, un livre chrétien va allumer la flamme. Point d’expéditions missionnaires ici, point de prêches enflammés ou de voyages d’un autre monde : le zèle des néophytes fait son œuvre. Un lettré est séduit par la beauté du christianisme, et la trainée se répand – timidement certes, mais les élites intellectuelles sont sensibles à la radicale beauté du Christ.

Mais le Prince de ce monde n’entend pas les choses de la sorte, et les persécutions ne se font pas attendre. Les Missions étrangères de Paris (MEP) sont alors appelées en renfort, dans un second temps.

Objectif Asie pour y donner sa vie

1866 : neuf missionnaires des MEP sont martyrisés, au milieu d’un peuple chrétien de quelques 20 000 têtes. Parmi eux, un jeune prêtre de 28 ans, arrivé quelques mois plus tôt par voie maritime. Dix mois d’apostolat missionnaire, seulement. À la grâce de Dieu.

Séminaire à Saint-Sulpice, puis au 128 rue du Bac. Objectif Asie. Arrêté au cours d’une intervention policière dans un climat de persécution contre les chrétiens, ce jeune prêtre subira pendant quatre jours tortures et interrogatoires. Tragédie pathétique : il ne connait que quelques mots de la langue locale, et ne comprend donc pas les questions qui lui sont posées. Aussi se bornera-t-il à répéter dans la langue du peuple qu’il aurait aimé côtoyer la seule phrase qu’il connait par cœur : « Je viens dans ce pays pour sauver des âmes, et je donne volontiers ma vie ».

Le 6 mai 1984, au pays du Matin Calme, le pape Jean Paul II canonisait ce jeune prêtre, avec 102 autres martyrs de la foi catholique, dont neuf autres prêtres des Missions étrangères de Paris.

Aujourd’hui, le Royaume ermite est un symbole du christianisme en Asie, avec près de 30% de la population vivant à la suite du Christ.

Ce pays, c’est la Corée.

Ce jeune missionnaire : Saint Just Ranfer de Bretenières.

Mort le 8 mars 1866 : ad extra, ad gentes.

 

Thibault Autric
11 février 2016
 

Missionnaire, le plus beau métier du monde ?

 

 

Pour le jeune protagoniste de ce clip, ce n’est peut-être pas de partir à Singapour le plus difficile, mais bien de se décider à franchir la porte des Missions étrangères de Paris rue du bac.

Car comme disait Jacques Brel : « Ce qu’il y a de plus dur pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui veut aller vivre à Hong Kong, c’est pas d’aller à Hong Kong, mais de quitter Vilvoorde. C’est ça qui est difficile. »

Loin d’être un choix facile, partir en mission peut toutefois comporter des avantages, comme quitter le petit train train quotidien parisien notamment. C’est ce que tend à montrer ce nouveau clip des Missions Étrangères de Paris. « Parce qu’après à Hong Kong, tout s’arrange », disait encore Jacques Brel.

 

 

« Il suffit d’avoir une santé et une folie et puis Hong Kong est à la portée de tout le monde. Mais quitter Vilvoorde, ça c’est dur. » Voilà des images impressionnantes qui pourraient en convaincre plus d’un à quitter son petit confort. Tournées fraichement en Indonésie et à Singapour, ces quelques séquences nous permettent de découvrir l’extraordinaire terrain d’exercice du missionnaire : du gigantesque Hotel Marina Bay aux rizières indonésiennes. De quoi ne jamais regretter le métro parisien… Missionnaire, le plus beau métier du monde ?

 

Arthur Herlin
9 février 2016

 

La Madone de la rue de Babylone

Levez les yeux au n°22 rue de Babylone, au croisement avec la rue du Bac à Paris et voyez cette Vierge discrète et méconnue, qui réclame un peu d'attention.

 

 

Cette petite statuette au joli vocable – Notre Dame de la Paix – a été installée là en action de grâce le 15 octobre 1815, pour la paix retrouvée au 128 de la rue du Bac, l’Histoire n’ayant pas été de tout repos pour les missionnaires logés céans.

La vierge vient en effet bénir le retour du calme après les temps troublés de la Révolution et de l’Empire : avec le retour des Bourbons, en 1815, les Missions Étrangères peuvent en effet réinvestir le lieu et faire fonctionner leur séminaire. De nouveaux aspirants occupent le 128, et c’est en cet honneur que M. Desjardins, alors directeur du séminaire des Missions étrangères de Paris et curé de la paroisse succursale de Saint-François-Xavier, fait installer cette madone – en fort grande pompe d’ailleurs.

Alors que la Société des Missions étrangères se trouve dans un état critique à cette date (manque de moyens matériels et financiers, manque criant de vocations), c’est comme si la vierge ainsi prise pour compagne allait intercéder pour les missionnaires, éveillant chez les jeunes passant à ses pieds rue de Babylone de nombreuses vocations. En effet, le XIXe siècle sera un beau siècle pour les MEP, avec de nombreux martyrs donnés à l’Église et au Christ. De très nombreux prêtres MEP sont morts au milieu des populations locales qu’ils avaient contribué à évangéliser. 23 d’entre eux seront même canonisés par le pape Jean Paul II en 1984, 1988 et 2000.

Une remarquable œuvre d’art

Si Notre Dame de la Paix est bien le témoignage de l’histoire mouvementée de la Société des Missions étrangères, elle est par ailleurs également une œuvre qui mérite d’être regardée. La plaque sous la statue indique ainsi très joliment que « l’original de cette image est un chef-d’œuvre si parfait que le Tout Puissant qui l’a fait s’est renfermé dans son ouvrage ». Mots magnifiques pour dire la beauté de Marie, cette Originale en qui la rédemption de notre humanité trouve son origine par son « oui ».

« Bienheureuse est-elle : les limites de son corps ont contenu l’Illimité qui remplit les cieux sans qu’ils puissent le circonscrire » (J. de Saroug, Hymne à la Mère de Dieu).

« Le Tout Puissant s’est renfermé dans son ouvrage… » : une phrase à méditer en passant rue de Babylone.

 

Thibault Autric
28 janvier 2016

 

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