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Introduction

La Société des Missions Étrangères est née au XVIIe siècle à une époque où se développe en France un climat de dévotion extraordinaire, influencé par l’action de Saint Vincent de Paul, des récollets et des capucins. Cette dévotion va jouer un rôle important dans l’éveil missionnaire du clergé séculier français, qui manifeste de plus en plus le désir de prendre une part active à l'apostolat missionnaire dans les pays lointains, jusque-là réservé aux congrégations religieuses. Le Saint-Siège de son côté a une profonde volonté de reprendre la direction des missions catholiques, qui a été concédée aux rois de Portugal et d'Espagne, lors des grandes explorations maritimes du XVe siècle.


Cet enthousiasme pour les missions est stimulé par l’arrivée à Rome, en 1649, du jésuite Alexandre de Rhodes, qui vient plaider pour l’établissement d’évêques au Tonkin et en Cochinchine afin de promouvoir en ces pays le développement d’un clergé indigène, seul capable d’assurer la survie des communautés chrétiennes, qui pourraient être anéanties par la persécution, comme cela était déjà arrivé 25 ans auparavant dans les missions du Japon.
 

Cette proposition reçut du pape Innocent X un accueil favorable. Le Père de Rhodes ayant refusé pour lui-même l’honneur de l’épiscopat, le pape lui demanda de chercher des sujets, qu’il pût nommer évêques et envoyer en Extrême-Orient.


Après avoir parcouru l’Italie et la Suisse, cherchant des évêques sans en trouver, Alexandre de Rhodes arriva à Paris en 1663. Il y fut mis en relation avec la pieuse association des Bons Amis, dirigée par le Père Bagot, composée de jeunes gens, pour la plupart en théologie. Il leur exposa les besoins des missions et les désirs du Souverain Pontife et plusieurs d’entre eux répondirent à son appel, en se déclarant prêts à partir. "Tous, disait un témoin, voulaient partir en Asie, parce qu'ils voyaient là une grande œuvre à remplir et que l'Esprit Saint leur mettait au cœur assez de générosité pour la tenter".
 

La plaidoirie n'enflamma pas seulement le cœur des Bons Amis ; elle mit le feu aux quatre coins de Paris et de la France entière. Le nonce du Saint-Siège à Paris désigna au pape les candidats qu’il jugeait dignes de l’épiscopat ; la duchesse d'Aiguillon, nièce de Richelieu, promit de fonder une rente pour l'entretien de deux ou trois évêques. Les membres de la Compagnie du Saint Sacrement qui, depuis longtemps désiraient apporter leur collaboration à l’œuvre missionnaire, décidèrent de leur côté de mettre leur influence et leurs ressources au service de ce projet. Des suppliques signées des plus grands noms de l'épiscopat et du clergé français, furent envoyées à Rome.
 

En 1654, de nouvelles lettres insistèrent auprès de la Congrégation de la Propagande ; mais la Propagande ne se pressait pas, car le Portugal protestait énergiquement contre l'envoi d'évêques en Extrême-Orient, en vertu du droit de patronage, que les Souverains Pontifes lui avaient autrefois accordé, en reconnaissance des services rendus à l'Église.

 

Les circonstances avaient cependant bien changé. Le Portugal ne remplissait plus les conditions du contrat qui lui avait obtenu ces prérogatives, et ses prétentions étaient devenues un obstacle à l'extension de l'Évangile en Extrême-Orient. Les objections alléguées par le Portugal, puis la mort d’Innocent X arrêtèrent l’affaire, et la nomination des évêques fut remise à des temps meilleurs.
 

Trois ans plus tard, cinq des jeunes gens de l’Association des Bons Amis entreprirent un pélerinage à Rome. L’ancien nonce de Paris, devenu cardinal, leur obtint une audience du nouveau pape Alexandre VII. Il y fut question des démarches faites antérieurement en faveur des missions, et le pape leur déclara qu’il reprenait l’affaire sous sa protection. Il tint parole et le 29 juillet 1658, il approuvait l’élection des nouveaux vicaires apostoliques : Mgr François de Laval Montmorency, fut envoyé au Canada, où il devint le premier évêque du Québec. François Pallu (1626-1684) fut nommé vicaire apostolique du Tonkin, avec mission d'administrer les provinces adjacentes du sud de la Chine, et le Laos. Pierre Lambert de la Motte (1624-1679), pour sa part, se voyait impartir le vicariat apostolique de la Cochinchine et l'administration du sud-est de la Chine. Quelques mois plus tard, sur présentation de Mgr Pallu, Mgr Ignace Cotolendi (1630-1662) fut choisi comme vicaire apostolique de Nankin et nommé pareillement administrateur de 5 provinces chinoises.
 

En novembre 1660, Mgr Lambert de la Motte s'embarqua à Marseille, accompagné de deux missionnaires : les Pères François Deydier (1634-1693) et Jacques de Bourges (1630-1714). Ce fut le premier départ. Le 3 septembre 1661, Mgr Cotolendi s'embarqua avec deux prêtres, les Pères Louis Chevreuil (1627-1693) et Antoine Hainques (1637-1670), mais il n'arriva pas à destination : il mourut en chemin le 16 août 1662 à Palacol, près de Masulipatam, sur la côte orientale de l'Inde.

Mgr Pallu partit le 3 janvier 1662, accompagné de sept prêtres et deux laïques. Cette troisième caravane recueillit sur son chemin les deux rescapés de la précédente mais perdit, elle-même, plus de la moitié de son effectif. Le 27 janvier 1664, Mgr Pallu et les survivants de sa petite troupe arrivèrent à Juthia, où ils retrouvèrent Mgr Lambert et ses deux compagnons, qui étaient parvenus sains et saufs au Siam, le 22 août 1662.
 

Le Siam constituait alors une oasis de paix. La liberté religieuse y était totale, la cour bien disposée envers les Européens, les liaisons par mer faciles et assurées, soit avec le Tonkin, la Cochinchine ou la Chine, soit avec l'Europe. Juthia était donc tout indiquée pour servir de base aux missions des vicaires apostoliques. Il serait possible d'y installer un séminaire pour permettre aux missionnaires arrivant d'Europe d'apprendre les langues des pays où ils devraient pénétrer clandestinement, en raison des persécutions. Un autre séminaire serait destiné à la formation du clergé autochtone, conformément aux directives de la Propagande.
 

Tout en continuant leur action missionnaire en Asie, les vicaires apostoliques pensaient aussi au recutement du personnel de la nouvelle Société des Missions Étrangères. En 1663, ils recevront de l’Abbé de Saint-Germain l’autorisation d’ouvrir un séminaire rue du Bac pour la formation des futurs missionnaires, et obtiendront du roi Louis XIV l’octroi des lettres patentes, accordant la reconnaissance légale du Séminaire.
 

C’est en 1664 que le premier missionnaire des Missions Étrangères, le P. Louis Chevreuil, pénétra en Cochinchine, à Faï-fo, près de Tourane. Deux ans après, il sera nommé provicaire pour le Cambodge et chargé de l'évangélisation des Cambodgiens. En 1666, le P. Deydier fut le premier à entrer au Tonkin. Aussitôt arrivé, il rassembla quelques catéchistes dans une barque, en vue de préparer au sacerdoce ceux d’entre eux qui manifesteraient des signes de vocation.


Le séjour des missionnaires dans ces royaumes fut placé sous le double signe du danger et de la précarité ; rarement autorisée, la religion catholique était le plus souvent interdite, des périodes de persécution plus ou moins violentes alternant avec des temps de tolérance. Malgré les difficultés, les missionnaires continuèrent cependant d'arriver. À la fin du XVIIe siècle, 9 missionnaires des Missions Étrangères avaient déjà pénétré au Tonkin, et 12 en Cochinchine.
 

Au cours du XVIIIe siècle, la Société des Missions Étrangères, fut victime en Europe d'une certaine décadence religieuse et d'un désintérêt pour les missions, et en Asie de la querelle des Rites chinois entre les prêtres de la Société et les jésuites, qui détourna les énergies des missionnaires et aboutit au résultat fâcheux de tarir en France les sources de recrutement missionnaire : les collèges de la Compagnie de Jésus.
 

Déjà trop peu nombreux au point de départ, les missionnaires virent leurs effectifs se réduire de plus en plus et quelques-uns de ceux qui partaient revinrent découragés par le désordre qu'ils trouvèrent dans les pays de mission. De 1700 à 1750, il y eut seulement 57 missionnaires à partir en Asie, et 108 de 1750 à 1800. La Compagnie de Jésus elle-même disparut sur une injonction pontificale, et sa dissolution créa un grand vide qu’aucune autre congrégation ne put remplir.
 

Après la dissolution de la Compagnie de Jésus par le Saint-Siège en 1773, la Société des Missions Étrangères fut choisie par la Propagande, en 1776, pour succéder aux jésuites, qui évangélisaient le sud de l'Inde. Mgr Pierre Brigot (1713-1791), vicaire apostolique du Siam, fut alors nommé supérieur de la mission Malabare. 2 nouveaux missionnaires le rejoignirent en 1777 et 11 autres avant 1890 ; mais, de 1792 à 1819, la mission Malabare ne reçut aucun renfort.
 

Pendant toute cette période particulièrement difficile du XVIIIe siècle, des missionnaires jouèrent cependant un rôle éminent en Asie. On peut retenir notamment : Mgr Louis Néez (1680-1764), qui pendant 42 ans gouverna l’Église du Tonkin, Mgr Jean Davoust (1728-1789) qui joua de toute son influence pour permettre à la Société de survivre, Mgr Louis Champion de Cicé (1648-1727), évêque de Siam, qui favorisa l’essor du célèbre Collège général de Juthia, Mgr Pierre Pigneaux (1741-1799), qui assuma la charge de vicaire apostolique de Cochinchine pendant 29 ans. Il espérait convertir son ami, Nguyên Anh, le futur roi Gialong et, par lui, amener toute la Cochinchine à la foi catholique. Il accepta pour cela d’être son ambassadeur auprès du roi Louis XVI. Quand il mourut en 1799, le roi Gialong, lui-même, lui fit édifier un riche mausolée, mais il ne devait pas pour autant amener son pays à la conversion.
 

Pendant la Révolution française, le Séminaire des Missions Étrangères fut vendu et le recrutement de nouveaux missionnaires devint impossible. Racheté par ses anciens directeurs, le Séminaire fut provisoirement rétabli en 1805, mais il ne put vraiment fonctionner qu’après la chute de l’Empire et l’ordonnance de 1823, qui reconnut son existence légale.
 

En 1822, la Société comptait 6 évêques et 27 missionnaires. Elle était chargée de cinq missions : 1 en Inde, 3 en Indochine, et 1 en Chine. Il y avait alors 135 prêtres indigènes, 9 séminaires avec 250 élèves et 300 000 chrétiens. En 1860, la Société comptera 21 évêques et 250 missionnaires, avec la charge de 22 missions. Il y avait alors 300 prêtres indigènes, 11 séminaires avec 400 élèves et 550 000 chrétiens. En 1886, elle comptait 29 évêques, 751 missionnaires avec la charge de 25 missions et 830 000 chrétiens. Il y avait alors 424 prêtres indigènes, 1 858 catéchistes, 3 000 religieuses indigènes, 31 séminaires avec 1 523 élèves, 1 081 écoles ou orphelinats, et de nombreuses congrégations étaient venues prêter main-forte aux missionnaires : St Paul de Chartres au Vietnam et au Japon, les Dames de Saint-Maur en Malaisie, au Siam, et au Japon ; les Soeurs du Bon Pasteur en Inde et en Birmanie ; les Soeurs de la Providence au Cambodge ; Les carmélites au Vietnam. Le séminaire de Paris comptait 200 séminaristes... Le champ de travail de la Société des Missions Étrangères ne cessa de s'agrandir tout au long du XIXe siècle. Après le Siam, le Tonkin, la Cochinchine, et quelques régions du sud de la Chine et de l’Inde, la Sacrée Congrégation de la Propagande confia à la Société la Corée et le Japon en 1831 ; la Mandchourie en 1838 ; la Malaisie en 1841 ; le Tibet et l'Assam en 1846 ; trois autres Provinces de Chine en 1849 ; la Birmanie en 1855.

 

Pendant toute cette période, des missionnaires éminents se firent remarquer par leur courage et leur zèle apostolique. Parmi les plus connus on peut citer : Mgr Clément Bonnand (1796-1861), qui n’hésita pas à traverser l’Inde en charrette à boeufs pour visiter les missions, le P. Jean-Marie Beurel (1813-1872), fondateur de la chrétienté singapourienne, Mgr Jean-Baptiste Pallegoix (1805-1862) qui entretint des relations privilégiées avec le roi Mongkut et rédigea le célèbre dictionnaire siamois - latin - français - anglais, Mgr Pierre Retord (1803-1858), surnommé l’évêque du maquis, qui vécut toute sa vie dans l’insécurité et mourut dans une cabane au milieu des forêts du Tonkin, le P. Pierre Dourisboure (1825-1890), principal fondateur de la rude mission des "sauvages" hahnar, Mgr Philippe Guillemin (1814-1886), premier préfet apostolique de la mission du Kouang-tong, constructeur de la cathédrale de Canton, Mgr Claude Petitjean (1754-1783), premier vicaire apostolique du Japon, qui eut la joie de retrouver les descendants des chrétiens japonais du XVIe siècle, Mgr Félix Ridel (1830-1884), premier vicaire apostolique de Corée, qui rédigea le premier dictionnaire coréen-français...
 

Si les Missions Étrangères ont fourni un travail considérable en Asie au cours du XIXe siècle, elles ont du aussi payer un lourd tribut en personnel. Pendant cette période, 88 missionnaires décédèrent de mort violente dans l'exercice de leurs activités apostoliques. Un certain nombre d'entre eux furent mis à mort pour le nom de Jésus-Christ, et l'Église a reconnu officiellement leur témoignage. Le 6 mai 1984, le Pape Jean-Paul II a canonisé les martyrs de Corée, parmi lesquels se trouvaient 10 missionnaires : Laurent Imbert (1796-1839), Jacques Chastan (1803-1839), Pierre Maubant (1803-1839), Siméon Berneux (1814-1866), Nicolas Daveluy (1818-1866), Pierre Aumaître (1837-1866), Martin Luc Huin (1836-1866), Bernard Beaulieu (1840-1866), Pierre Dorie (1839-1866), Just Ranfer de Bretenières (1838-1866).
 

Dix missionnaires se trouvaient encore parmi les martyrs du Vietnam, canonisés le 19 juin 1988 : Isidore Gagelin (1799-1833), François Jaccard (1799-1838), Étienne Cuenot (1802-1861), Joseph Marchand (1803-1835), Pierre Borie Dumoulin (1808-1838), Jean-Charles Cornay (1809-1837), Augustin Schoeffler (1822-1851), Pierre Néron (1818-1860), Jean-Louis Bonnard (1824-1852), Théophane Vénard (1829-1861). Trois autres missionnaires seront canonisés avec les martyrs de Chine le 1er octobre 2000 : Gabriel Taurin Dufresse (1750-1815), Auguste Chapdelaine (1814-1856), et Jean-Pierre Néel (1832-1862). La Salle des Martyrs de la rue du Bac entretient le souvenir de ces missionnaires héroïques.

 

Le XXe siècle a été marqué par le développement du clergé autochtone. Des séminaires ont été créés dans la plupart des territoires confiés à la Société des Missions Étrangères. Les prêtres indigènes étaient 600 en 1900, 3 800 en 1940, et leur nombre s'accrut considérablement dans la deuxième moitié du XXe siècle.
 

C’est aussi au cours de ce siècle que les diocèses d’Asie sont passés aux évêques autochtones. Pendant longtemps le Saint-Siège a cru prudent de différer la nomination d’évêques asiatiques, et il a fallu l’action décisive de Mgr Jean-Baptiste Budes de Guébriant (1860-1935) pour qu’en 1922, le Saint-Siège constitue les deux premières préfectures apostoliques confiées au clergé chinois. Les nominations d’évêques autochtones vont ensuite se succéder : en 1923 un évêque indien est nommé, en 1926 six évêques chinois, en 1927 le premier évêque japonais, en 1933, le premier évêque vietnamien. La Société des Missions Étrangères a ainsi évangélisé et organisé dans dix pays d’Asie plus de cinquante diocèses qui sont aujourd’hui dirigés par des évêques autochtones. Avec l’arrivée du communisme, la présence et l’action des Missions Étrangères en Asie ont fondamentalement changé. Les missionnaires ont été expulsés, les uns après les autres, des pays, où ils avaient vécu et travaillé pendant de longues années, successivement de Chine, de Birmanie, du Vietnam, du Cambodge, du Laos.
 

La Société des Missions Étrangères a donc été contrainte de redistribuer son personnel. Certains missionnaires sont restés en France à cause de leur âge ou pour des raisons de santé. Les autres sont repartis vers de nouveaux territoires, venus s’ajouter aux champs d’apostolat traditionnels, notamment à Madagascar, à l’île Maurice, en Indonésie, en Nouvelle Calédonie.
 

Pendant ce dernier siècle, les missionnaires, qui se sont trouvés mêlés malgré eux aux conflits d'Asie, ont souvent été considérés comme des témoins gênants, et un certain nombre d'entre eux ont du payer de leur vie le prix de leur présence au milieu des communautés chrétiennes : 103 missionnaires ont été victimes de mort violente dans l'exercice de leur travail apostolique. Ce nombre est à ajouter aux 23 missionnaires, tués pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918).
 

La Société des Missions Étrangères de Paris ne compte plus maintenant que 280 membres mais, fidèle à sa mission et malgré un effectif réduit, elle continue, aujourd’hui comme hier, de servir les Églises qu’elle a contribué à fonder. Base de départ pour les nouveaux missionnaires, le Séminaire de la rue du Bac est devenu aussi, récemment, un centre d’accueil pour les prêtres-étudiants asia tiques.

 


                                                                                                                          Gérard Moussay

AUTEURS DES ARTICLES
( sous la coordination de Gérard Moussay )


                                    Albert Alazard                 missionnaire à Madagascar
                                    Balthazar Castelino        missionnaire à Madagascar
                                    Jean Charbonnier           missionnaire à Singapour
                                    Camille Cornu                 missionnaire à Mysore et Bangalore
                                    Robert Costet                 missionnaire en Thailande
                                    René Dupont                   évêque émérite de Andong
                                    Claude Lange                 missionnaire au Vietnam
                                    Vincent Le Baron           missionnaire en Indonésie
                                    René Nicolas                 
missionnaire en Malaisie et à Singapour
                                    Yves Ramousse              évêque émérite de Phnom-penh
                                    Joseph Ruellen               missionnaire en Birmanie et à Madagascar